Au Luxembourg, les start-up ont du mal à trouver de nouvelles collaborations, recruter et obtenir des financements. Conscients de cela, Luxinnovation, l’agence de promotion de l’innovation et le ministère de l’Économie ont demandé à l’Europäische Fachhochschule de mener une étude sur l’évolution des start-up luxembourgeoises, ainsi que les atouts et points faibles auxquels elles doivent faire face dans le cadre de leur développement.

Le Luxembourg, un environnement propice au développement des start-up

Pour les besoins de l’étude, une cinquantaine de start – up créées entre 2007 et 2013 ont été ciblées. Les résultats de l’enquête ont révélé que plus de 63,3 % des start-up sont satisfaites des efforts effectués par les autorités publiques pour créer un environnement favorable au développement des jeunes entreprises luxembourgeoises.

De son côté, le directeur de l’étude, le Professeur Dr. Markis Hehn affirme que le Luxembourg figure parmi les pays qui offrent plusieurs avantages aux start-up, sans oublier les possibilités d’amélioration en termes de financement et de recrutement.

Start-up au Luxembourg : les revers de la médaille

Si 70 % des start-up ont pu bénéficier des aides venant du gouvernement, il leur est difficile d’accéder aux financements privés. D’autant plus que les aides gouvernementales ne constituent que 20 % du capital global de la structure, et 80 % sont fournis par le crédit et autre investissement privé.

D’après les explications du Professeur Dr. Markus Hehn, 57,6 % des créateurs de start-up fournissent eux-mêmes le capital, et ce, avec une part d’investissements privés inférieure à 40 %. En comparaison aux autres pays européens, ce taux d’implication des établissements financiers privés est encore assez bas, et il pourra être amélioré.

Qui plus est, les start-up ont du mal à se fier aux investisseurs privés, même si nombre d’entre elles (31,7 %) rencontrent des soucis financiers. En contrepartie, les fondateurs des start-up devraient se tourner vers les business angels, ces investisseurs qui privilégient les jeunes entreprises attractives qui disposent d’une équipe gagnante, d’un concept innovant et d’un nouveau produit sur le marché.

Toujours d’après l’étude, 56, 7 % des start-up ont du mal à recruter les experts confirmés jugés indispensables pour assurer la croissance de l’entreprise. Cela s’explique par une forte concurrence des entreprises qui recherchent toutes des compétences spécifiques. Ainsi, les candidats potentiels se méfient de l’instabilité des start-up qui ne peuvent pas proposer les mêmes conditions salariales appliquées par les grandes entreprises.

Pour y remédier, les auteurs de l’étude encouragent les start-up à collaborer avec d’autres acteurs économiques pour se créer de nouvelles opportunités. Pour Frédéric Becker de Luxinnovation, la clé réside dans le rapprochement des start-up qui pourront échanger des idées, partager des expériences et des succès stories pour générer de nouvelles collaborations et créer un réseau de jeunes entreprises.